Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

01/06/2012

Elections législatives (1er tour) - les candidats de la 1ère circonscription de Polynésie Française

1er tour des élections législatives, samedi 2 juin 2012 à Tahiti et dans les 5 archipels de Polynésie française

Ici, on vote le samedi afin de ne pas connaître les résultats de la métropole avant de glisser son bulletin dans l'urne. Et chaque tour est distant de 15 jours afin de faire face au temps nécessaire pour imprimer les bulletins du 2e tour et surtout les acheminer sur les 5 archipels. Il faut savoir que certains atolls des Tuamotu, certaines  îles des Australes ou des Marquises ne possèdent pas de piste d'attérissage pour les avions. Les bulletins sont donc acheminés généralement par bateau. Pour certaines îles trop éloignées, on largue carrément "les caisses de bulletin" par avion. C'est pourquoi nous votons dès samedi 2 juin pour le 1er tour des élections législatives, soit une semaine avant la France. Vous découvrirez dans les 3 prochaines notes les affiches des candidats, circonscription par circonscription. Pour la première fois, la Polynésie française enverra trois députés à l'Assemblée nationale, contre deux précédemment. Ci-dessous, les panneaux électoraux devant la mairie de Papeete et dans le quartier de Mamao, avec les superbes montagnes de Tahiti en arrière-plan.

DSC_0773.JPGDSC_0529.JPG

25/11/2011

L'Assemblée de la Polynésie Française

La Polynésie Française n'est ni un dom, ni un tom, ni un com (telle l'île de Saint Martin), mais "un pays" au sein de la France, suite aux lois d'autonomie de 1977. L'Etat a ainsi déjà transféré de nombreuses compétences au gouvernement de Polynésie Française mais garde toujours ses pouvoirs régaliens comme  l'Education, l'Armée, la Justice. La PF dispose donc d'une assemblée, installée à Papeete. Voici les photos de ce lieu symbolique, devant lequel est installé la statue d'un grand homme, Pouvanaa a Oopa.

DSC_0178.JPG2637925041.jpg527113568.jpg3643255988.jpg571159760.jpg3829892356.jpg

Les institutions de la Polynésie Française

Les institutions de la Polynésie Française

Pour comprendre la Polynésie Française, il faut connaître ses institutions. Voici un rapide panorama (source portail-tahiti.com).

L’histoire de la Polynésie française est riche en traités, lois organiques et ordinaires. Chacun d’eux marque une étape dans son accession à toujours plus d’autonomie, et contribue à assoir l’originalité de son statut au sein de la République française.

HISTOIRE INSTITUTIONNELLE DE LA

POLYNÉSIE FRANÇAISE

L’histoire des institutions de la Polynésie française débute réellement le  26 avril 1842, date à laquelle le contre-amiral Dupetit-Thouars impose le protectorat à Tahiti, alors gouvernée par l’extravagante reine Pomare IV. Le nouveau statut de Tahiti est définitivement reconnu par la signature d’un traité entre Louis Philippe et Pomare IV, en mars 1843.

Un second changement de statut intervient le 29 juin 1880 (sous Pomare V) lorsque Tahiti devient officiellement une colonie. En 1881, ce sera le tour des Gambier, en 1888 des îles sous le vent et en 1901 des Australes. En 1903, les archipels se voient attribués le statut d’« Etablissements Français d’Océanie ».

Il faudra attendre la constitution du 27 octobre 1946 pour que la Polynésie entame sa marche vers l’autonomie. Cette année-là, elle devient un   « Territoire d’Outre Mer de l’Union française ».  Jusqu’alors « sujets indigènes », les habitants de Tahiti et ses îles accèdent à la citoyenneté française. Le droit de vote leur est accordé. 

« Les Territoires d’outre mer de la République ont une organisation particulière tenant compte de leurs intérêts propres dans l’ensemble des intérêts de la République - article 7’ de la constitution du 4 octobre 1958. De fait, lez règles de droit qui y sont applicables sont des textes spécifiques et des textes qui comportent mention expresse d’applicabilité à des TOM » 

C’est à l’issue du référendum de 1958 par lequel 65% de la population se prononce en faveur du maintien des archipels dans la République française que la Polynésie devient « française ».

Sous la présidence de de Gaulle et de Pompidou, aucune avancée vers l’automonie n’est enregistrée. Pour cause : l’ouverture du Centre d’expérimentation du Pacifique et les campagnes d’essais nucléaires qui s’ensuivent. Ce n’est qu’en 1977 qu’une nouvelle étape est franchie avec l’accession à une autonomie de gestion. Le Conseil du gouvernement, composée de conseillers se  transforme en un gouvernement composé de ministres dont le principal acquiert le statut de Président du gouvernement.

En 1983, la Polynésie française retrouve le droit de hisser son propre drapeau sur les batiments publics locaux à côté du drapeau de la République française. Ses armoires symbolisent les piliers de la culture tahitienne : le soleil, l’océan  et la pirogue. Puis, les lois organiques du 12 juillet 1977, du 6 septembre 1984 et du  2 avril 1996  lui accordent une autonomie grandissante : autonomie de gestion,  conduite des affaires publiques, contrôle  de certains secteurs tels les transports.

Mais ce sont les lois (organique et ordinaire)  du 29 janvier 2004 et du 27 février 2004 qui consacrent l’autonomie de la Polynésie française dans la République. Elle est désormais un « Pays d’outre mer » qui se gouverne librement et démocratiquement. A ce titre, elle peut voter des « lois de pays » c’est-à-dire édicter ses propres règles dans la majorité des domaines, élire ses propres représentants, avoir recours au référendum pour des prises de décisions locales. Sur le plan international, elle a le droit de se doter de représentants auprès des états que la République française a reconnus, sans que ce soit pour autant des représentations diplomatiques.  Le régime institutionnel de la Polynésie française obéit donc à un principe de dualité : elle dispose de ses propres institutions mais l’Etat français y demeure représenté (par le biais d’un Haut Commissaire). 

"Les lois de pays sont transmises au Conseil d’Etat. En ce sens,  elles n’ont pas caractère de loi. Elles ne constituent que des actes administratifs à caractère particuiler. Ceci les distingue des lois de pays émises en Nouvelle Calédonie qui, elles, sont soumises au Conseil Constitutionnel et ont donc force de loi."

En juin 1993, l’Assemblée de la Polynésie française adopte le « Ia Ora’O Tahiti Nui », son  hymne  propre qui est chanté lors de la fête de l’Autonomie et avant les événements sportifs internationaux auxquels la Polynésie participe.

Enfin, la loi organique et la loi ordinaire du 7 décembre 2007  qui sont les plus récents ajustements institutionnels visent à renforcer la stabilité de la vie politique locale, mise à mal depuis 2004, notamment par une modification du mode de scrutin pour l’élection du Président et de l’Assemblée de la Polynésie.

 

INSTITUTIONS DE LA POLYNÉSIE FRANÇAISE

Afin qu’elle puisse librement et démocratiquement gérer les questions qui la concernent, les lois organiques ont doté la Polynésie française de 4 institutions : un président et son gouvernement, une assemblée, un conseil économique social et culturel. Cependant, si elle dispose d’une très large autonomie, la Polynésie française est tenue de  vivre « au sein de la République ». La limitation, ainsi expressément énoncée, du champ d’exercice de cette autonomie, induit une dualité de compétences. L’Etat, physiquement représenté sur le territoire polynésien, gère certains domaines. Les institutions locales quant à elles, sont compétentes pour ceux définis par les lois organiques.

Le Président de la Polynésie française

Elu pour 5 ans par l’Assemblée de la Polynésie française, le Président de la Polynésie française est le chef de l’exécutif  local. Il nomme le vice-président et les ministres qu’il peut révoquer. Pour en  savoir plus : www.presidence.pf

La Présidence de la Polynésie française dispose d’une institution dédiée, chargée de la représenter en métropole, la  Délégation de la Polynésie française dont les missions sont multiples : représenter les tahitiens en France métropolitaine, promouvoir Tahiti et ses îles tant d’un point de vie touristique  qu’économique, social et culturel. Son antenne basée à Bruxelles assure la représentation de la Polynésie française auprès des institutions européennes. Elle gère également les dossiers polynésiens dans leurs perspectives européennes. Pour en savoir plus : www.polynesie-paris.com

 

L’Assemblée de la Polynésie française

Créée en 1946, l’Assemblée de la Polynésie française est composée de 57 membres. Elus pour 5 ans au suffrage universel, ils représentent les 5 archipels selon la répartition des sièges suivante : 37 sièges pour les Iles du Vent, 8 sièges pour les Iles sous le Vent, 3 sièges pour les Tuamotu Est et les Gambier, 3 sièges pour les Tuamotu Ouest, 3 sièges pour les Australes et enfin 3 autres sièges pour les Marquises. C’est elle qui adopte les « lois de pays » et vote le budget ainsi que les comptes du pays. Elle contrôle l’action du Président de la Polynésie française et de son gouvernement. Elle se réunit au printemps pour une session administrative et à l’automne pour une session budgétaire. L’Assemblée de la Polynésie française peut être renouvelée avant la fin du mandat de ses membres selon des conditions strictement définies par les textes : par décret du Président de la République suite à la demande du gouvernement de la Polynésie française.

Pour en savoir plus : www.assemblee.pf

 

Le Conseil Economique, Social et Culturel de la Polynésie française

Le Conseil Economique, Social et Culturel est quant à lui un organisme consultatif, dont la  composition et l’organisation sont régies par l’Assemblée de la Polynésie française . Ses 51 conseillers, représentant les acteurs économiques et culturels de la vie locale, rendent des avis et des recommandations sur les questions pour lesquelles ils ont été saisis, particulièrement pour tout projet de loi de Pays. Il est également prévu que le CESC puisse s’autosaisir sur des questions de la vie locale. Pour en savoir plus : www.cesc.pf

Institution plus discrète, mais non moins importante, le Haut-Conseil (équivalent du Conseil d’Etat en métropole) n’en a pas pour autant un rôle important dans la vie institutionnelle locale puisqu’il est obligatoirement consulté lors d’une proposition de loi de Pays.

 PRESENCE ET ROLE DE L’ETAT EN POLYNÉSIE FRANÇAISE

L’Etat français est représenté sur le territoire en la personne du Haut Commissaire de la République. L’actuel Haussie » (comme le surnomme les polynésiens) est Richard Didier. Nommé en 2010, il a les mêmes missions que ses prédécesseurs : faire respecter les lois et l’ordre public, gérer les questions de défense nationale et de politique étrangère, de nationalité et d’émigration, de justice, d’éducation supérieure et de recherche ainsi que de communication audiovisuelle. Il a par ailleurs autorité sur les subdivisions administratives qui représentent les 5 archipels.  Son autorité a été renforcée, en 2007, dans la mesure où il peut prendre en cas d’urgence et après mise en demeure restée sans résultat les mesures qui s’imposent. Deux hauts fonctionnaires de l’Etat l’assistent dans ses fonctions : un Secrétaire Général  qui le supplée de plein droit en son absence ou en cas d’empêchement et un Directeur de Cabinet. Pour en savoir plus : www.polynesie-française.pref.gouv.fr

Pour résumer, les relations entre l’Etat et la Polynésie française obéissent à un principe de partenariat dans lequel l’Etat s’engage à maintenir la sécurité, la cohésion sociale et l’activité économique.