Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

25/12/2012

Les deux Polynésie

Ce vendredi 24 décembre, il y a la Polynésie qui fait la fête et celle qui n'a pas les moyens de manger à sa faim ou d'offrir des cadeaux à ses enfants. Les Nouvelles, quotidien de réflexion, au lectorat aisé, a encore l'esprit à la fête en ce 24 décembre dans un fenua en crise, dont le PIB a fondu de 15 % en 5 ans. La Dépêche, journal populaire de proximité, met en valeur une action de solidarité des lycéens de La Mennais (Papeete) en faveur des familles en difficulté à l'occasion de Noël. Dans son titre de Une, le quotidien insiste sur le moment très dur que passent ces familles à Noël, dans l'impossibilité d'offrir un cadeau à leur(s) enfant(s). Ici, il faut savoir qu'il n'y a pas de caisse chômage, pas d'impôt sur le revenu, une CPS qui rembourse les médicaments et les consultations moins bien que la sécurité sociale française. Un quart de la population vit en dessous du seuil local de pauvreté, fixé à 50 000 Fcfp (400 euros ici, en France c'est 900 euros pour info). Bref, pour vivre heureux au paradis, il faut au moins avoir un fonctionnaire (surreprésentés au fenua) dans la famille, au salaire indexé à 1,84, un commerçant, un patenté (auto-entrepreneur) qui a réussi ou un membre d'une profession libérale, pour faire face au coût de la vie exorbitant. Et, si personne n'a trouvé de travail, c'est pire que la galère puisque le chômage n'existe pas. Il faut alors se débrouiller avec les fruits et légumes que l'on peut faire pousser dans son jardin, en garder quelques uns pour la famille et vendre le reste sur la route de ceinture, chercher des petits boulots au noir, toucher une allocation familiale (quand on a des enfants) et demander des bons alimentaires ou des aides en nature (loyer, électricité) deux fois par an auprès des services sociaux du Pays. Heureusement, de nombreuses associations, les communautés religieuses omniprésentes et des personnes de bonne volonté, comme ce jour les lycéens et les parents d'élèves de La Mennais, agissent en faveur des démunis. Mais, que la fracture sociale est grande dans ce beau Pays. Ici, les riches sont très très riches (le Hummer et la Porsche Cayenne sont monnaie courante à Papeete), les fonctionnaires vivent comme des cadres supérieurs (belle maison, vacances dans les îles et à l'étranger), et les pauvres sont très pauvres. La vie est belle pour ma famille, mais elle n'est pas rose pour tout le monde. Il y a bien deux Polynésie, et le fossé est encore plus criant à Noël. Même si je ne souhaite pas traiter de la situation sociale et politique du fenua sur ce blog, je devais tout de même vous avertir de cette réalité. Joyeux Noël à tous.

305388_391991560886767_846552945_n[1].jpg

560792_505062642867277_870018517_n[1].jpg

 

Les commentaires sont fermés.